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Nous ne voulons pas nous habituer aux catastrophes #marche pour le climat

marche climat Evry 26 septembre 2026

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Samedi 26 septembre, nous étions des milliers à marcher partout en France, dans l’Essonne à Évry et à Palaiseau, et dans plus de 250 villes et villages de notre pays (Basta!, Journal de Québec). Nous marchions pour le climat, pour le vivant, pour la paix et pour la justice sociale, après l’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début du XXᵉ siècle (L’Internaute).

Nous étions là parce que nous n’acceptons plus l’amnésie climatique. Parce que cet été, plus de 8 000 personnes sont mortes des canicules dans notre pays, et que 500 000 hectares de forêt ont brûlé dans l’Union européenne (Journal de Québec). Nous étions là pour exiger un plan d’urgence pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale, et pas des mots : des crédits, des moyens, des décisions politiques à la hauteur de ce qui nous arrive.

Ce matin je veux vous dire trois choses : pourquoi cette crise est déjà là, pourquoi le gouvernement choisit de fermer les yeux, et pourquoi la sobriété et la démocratie et non la précipitation et la recentralisation sont la condition de notre adaptation.

Car nous ne voulons pas nous habituer aux catastrophes.

Mon discours à Evry-Courcouronnes samedi 26 septembre

Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que nous n’avons plus besoin de regarder très loin pour voir la crise climatique. Elle est là aujourd’hui, nous la vivons aujourd’hui.

Elle est dans les inondations qui nous frappent sur nos territoires, dans les sols qui n’arrivent plus à absorber l’eau lorsqu’elle tombe brutalement, puis dans les sécheresses qui s’installent lorsque les pluies disparaissent. Elle est dans les canicules qui rendent certains logements invivables, dans les écoles qui surchauffent, dans les agricultrices et les agriculteurs qui voient leurs récoltes menacées, dans nos rivières et dans nos nappes qui s’épuisent. Et surtout, elle n’est plus une menace pour demain, elle est une réalité d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est la réalité, elle est là aujourd’hui. Combien de fois faudra-t-il le prononcer ? Combien d’épisodes extrêmes ? Combien de drames ? Comme l’a rappelé mon collègue Nicolas, et bien d’autres, 8000 morts avec la canicule cette année, et voire peut-être plus encore. C’est notre inaction aujourd’hui qui en fera une sentence pour demain.

Alors oui, nous devons nous adapter, mais il faudrait peut-être penser aussi à continuer à atténuer. Nous devons protéger nos habitantes et nos habitants, rénover des logements, végétaliser nos villes, restaurer les sols, préserver les rivières et les zones humides, nos forêts, renforcer nos services publics et nos moyens de prévention. 

Et pourtant, le plan d’économie annoncé par le gouvernement le 11 septembre 2026 fait une nouvelle fois de l’écologie une variable d’ajustement budgétaire, jugée plus tôt ! La mission écologie est la plus touchée par les nouvelles annulations de crédits à hauteur de 157 millions d’euros. C’est une logique à courte vue. Économiser aujourd’hui sur la transition, c’est prendre le risque de payer demain beaucoup plus cher les conséquences de notre impréparation.

Et nous, en tant qu’écologistes, on le dit depuis les années 70. On savait ce qui allait arriver. On savait que la crise climatique allait nous toucher de plein fouet.

Et les gouvernements successifs n’ont absolument rien fait. Que ce soit pour la crise démocratique qui nous arrive en pleine face ; l’extrême droite arrive. Un petit pas, un grand pas, à vous de juger.

Donc là, on a vraiment un souci. Mais il faut également dénoncer ceux qui se préparent à l’aggravation du problème. Parce qu’on ne peut pas demander aux habitants et habitantes de faire des économies d’eau pendant les sécheresses et dans le même temps multiplier toutes les infrastructures extrêmement consommatrices de ressources sans poser la question de leur utilité, de leur localisation et de leur impact.

Je pense notamment ici à un sujet qui nous concerne tous et dont certains ont déjà parlé, nos chers datacenters. On est un gruyère à datacenters sur notre territoire. Mais il n’y a pas que les datacenters.

En Essonne, à Marcoussi, à Nozay, nous avons l’un des plus importants campus de datacenters en France. Ils représentent déjà des dizaines d’hectares et des centaines de mégawatts d’électricité, de capacités électriques. Et son extension est encore à l’ordre du jour.

Et je peux vous dire que toute cette recherche à essayer de récupérer la chaleur fatale, c’est du greenwashing, parce que même les entreprises qui sont dans la boucle avec Enedis n’en veulent pas, ça leur coûte trop cher. Ils n’en veulent pas. Je ne suis pas ici pour vous dire que le numérique ne sert à rien.

Oui, on s’en sert tous les jours de ce numérique. Mais il y a d’autres façons de s’en servir et il n’y a pas que l’intelligence artificielle que l’on doit utiliser massivement. Il y a d’autres solutions.

L’informatique, toute basique, elle est peut-être parfois suffisante pour faire certaines opérations. Mais derrière le mot numérique, il y a surtout du béton, de l’électricité, des équipements, des réseaux, du foncier et parfois de l’eau. Alors la question politique est simple.

Quelles ressources sommes-nous prêts à sacrifier ? À quels usages ? C’est cela la sobriété. Accepter de débattre collectivement de nos priorités. Et ce débat doit être aussi démocratique.

Et pour l’instant, il ne l’est pas. Je défends depuis longtemps une idée simple. On ne peut pas demander aux citoyennes et aux citoyens d’assumer les conséquences des choix d’aménagement si on ne leur donne pas réellement la possibilité de participer à ces choix.

Combien d’entre vous ont participé à des consultations avant que naisse un projet en concertation préalable et enquête publique ? Quasiment aucun d’entre vous. Parce qu’on arrive sur un projet directement, sur une procédure administrative et juridique. Ce n’est pas possible.

On nous impose des projets dont on sait pertinemment qu’ils ne sont plus vivables pour notre avenir. C’est précisément ce qui est un enjeu dans les thèses que nous examinons au Parlement. Avec le projet de loi sur la souveraineté agricole, nous avons vu la volonté de simplifier les procédures, presque toujours au détriment de la participation de ce public et du rôle des territoires.

Alors, le futur projet de loi sur le logement, nous devons être particulièrement vigilants. Construire davantage ne veut pas signifier simplifier davantage, et ce, au dépend des garanties environnementales et démocratiques. L’adaptation au changement climatique ne peut pas être une nouvelle manière de recentraliser l’aménagement au nom d’une efficacité, au fait qu’il définit cette dernière.

C’est étonnant comme l’on ne pose jamais cette question qu’il a définie. Au contraire, nous devons faire confiance aux territoires, à nos élus, à nos collectivités. Au contraire, nous devons faire confiance aux femmes et aux hommes qui investissent individuellement et dans le cadre associatif, dans la défense des droits environnementaux.

Parce que celles et ceux qui vivent ici savent où l’eau déborde, où elle manque, où les sols sont déjà artificialisés, où les logements surchauffent, où les infrastructures sont acceptables, où on ne le sont plus. La démocratie environnementale n’est donc pas un obstacle à l’action, mais bien la condition de l’action, juste et durable. Participons ! C’est ce samedi, nous ne sommes donc pas dans la rue simplement pour dénoncer.

Nous sommes ici pour demander un choix politique, un véritable plan d’urgence climatique qui protège nos populations contre les canicules, les sécheresses, les inondations, qui investit dans la rénovation, les transports publics, la prévention, l’atténuation, l’adaptation et qui protège l’eau, notre bien commun et naturel. Et un plan qui accepte enfin de mettre la sobriété et la démocratie au cœur de toutes nos décisions économiques et d’aménagement. 

Parce que l’écologie, ce n’est pas revenir en arrière, mais bien adapter notre société à son ensemble aux enjeux inédits du XXIe siècle, marqués par des changements profonds, interdisant toute forme de tiédeur, mais également toute recherche facile de boucs émissaires ! 

Mais surtout, c’est décider collectivement, dans le cadre d’une première République écologique et citoyenne, ce que nous voulons préserver, nos territoires, nos ressources hydriques et plus généralement naturelles, notre santé, notre santé environnementale. 

Mais surtout notre capacité à vivre dignement dans le climat qui vient, il arrive, il est là. 

Alors ici à Ivry et à Paris, c’est partout en France aujourd’hui, faisons entendre une chose très simple : 

nous ne voulons pas nous habituer à des catastrophes, 

nous voulons les surmonter, nous avons un défi, nous voulons les éviter.

Et nous voulons que l’urgence climatique devienne une priorité politique.

Merci à tous.

Crédit photo Eric Coquelin – Marche pour le climat du 26 septembre 2026 à Évry-Courcouronnes Essonne


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