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Expulsions locatives 2026 : le scandale des 30 500 familles jetées à la rue, ce que cache la réglementation et comment agir

Table des matières

Ce 31 mars marque la fin de la trêve hivernale. Comme chaque année, cette date sonne le retour des expulsions locatives en France. En 2025, 30 500 familles ont été expulsées de leur logement, un nouveau record qui doit nous alerter collectivement. Derrière ce chiffre, il y a des vies bouleversées, des parcours fragilisés, parfois brisés.

Des chiffres qui interrogent notre société


30 500 familles, c’est 30 500 histoires de précarité, de stress, de désespoir. Ces expulsions ne sont pas des exceptions, mais le symptôme d’un système qui échoue à garantir un droit fondamental : se loger dignement. Pourtant, la Constitution française reconnaît le droit à un logement décent comme une obligation de l’État.

La loi encadre strictement les expulsions locatives en France, mais ses limites sont criantes. Depuis la loi ALUR de 2014, une expulsion ne peut être prononcée qu’en dernier recours, après une procédure judiciaire longue et un accompagnement social obligatoire. La trêve hivernale, instaurée en 1956, suspend les expulsions du 1er novembre au 31 mars, offrant un répit aux ménages les plus vulnérables. Pourtant, ces protections restent insuffisantes : les délais de relogement ne sont pas toujours respectés, et les alternatives comme les hébergements d’urgence sont souvent saturées.

Pire, certaines expulsions sont réalisées en dehors des cadres légaux, exploitant les failles du système ou la méconnaissance des droits des locataires. En 2025, malgré ces garde-fous, près de 40 % des expulsions ont concerné des ménages avec enfants, révélant l’urgence d’une réforme ambitieuse. Il faut proposer d’aller plus loin : renforcer les sanctions contre les expulsions illégales, systématiser les solutions de relogement avant toute expulsion, et conditionner les aides publiques aux bailleurs à leur engagement dans la lutte contre la précarité locative. La réglementation existe, mais son application et son ambition doivent être à la hauteur de l’urgence sociale.

Des solutions existent, mais où est la volonté politique ?

Le relogement obligatoire avant expulsion est prévu pour les ménages vulnérables ou prioritaires, mais son application reste inégale et souvent insuffisante.

Le droit au logement opposé (DALO) permet à un locataire prioritaire ou vulnérable de contester une expulsion s’il n’a pas reçu de proposition de relogement adapté. Depuis la loi ALUR et les décrets récents, un propriétaire ne peut pas expulser un locataire sans lui proposer une solution de relogement, sauf exceptions strictement encadrées (refus de trois offres de relogement, squat, etc.)

La loi Kasbarian-Bergé de 2023 a durci les procédures d’expulsion, notamment en accélérant les délais et en limitant les recours, ce qui explique en partie l’augmentation des expulsions. Les associations dénoncent un durcissement des procédures judiciaires et un manque de solutions de relogement, malgré les obligations légales.

Chez Les Écologistes, nous portons des propositions concrètes pour en finir avec cette logique d’exclusion :

  • Une garantie universelle des loyers pour sécuriser les ménages face aux impayés.
  • Aucune expulsion sans relogement : une mesure de bon sens, mais encore trop peu appliquée.
  • Mobiliser les logements vides : en France, près de 3 millions de logements sont inoccupés, alors que des milliers de familles sont à la rue.
  • Financer massivement le logement social pour répondre à la crise du logement.

Ces solutions sont documentées, réalistes et applicables. Ce qui manque, ce n’est pas l’absence de réponses, mais une réelle volonté politique pour les mettre en œuvre.

Un appel à l’action collective

Nous ne pouvons pas nous résigner. Nous ne pouvons pas accepter que des familles soient jetées à la rue, simplement parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer un loyer.

Le logement est un droit, pas un privilège.

En tant que députés écologistes, nous continuerons à porter ces propositions au Parlement, à interpeller le gouvernement, et à soutenir les associations qui luttent contre les expulsions. Mais nous avons aussi besoin de vous :

  • Soutenez les associations locales qui accompagnent les ménages menacés d’expulsion.
  • Interpellez vos élus pour qu’ils agissent concrètement.

Ensemble, faisons du droit au logement une priorité.

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